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GPR55 : le récepteur orphelin de la douleur et des terpènes

GPR55 couplé aux protéines G, douleur et inflammation. BCP et sesquiterpènes. Différence CB1/CB2/GPR55. Potentiel analgésique sans cannabinoïdes. Données précliniques.

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GPR55 : le récepteur orphelin de la douleur et des terpènes

GPR55 (G protein-coupled receptor 55) est resté un "récepteur orphelin" pendant plus de deux décennies après sa découverte — aucun ligand endogène clairement identifié. Sa déorphanisation partielle s'est faite en association avec la recherche sur les cannabinoïdes, ce qui a créé une confusion avec CB1 et CB2. Sa pharmacologie distincte et ses ligands terpéniques sont maintenant mieux caractérisés.

Un récepteur distinct de CB1 et CB2

GPR55 partage avec CB1 et CB2 la capacité à être activé par certains cannabinoïdes (lysophosphatidylinositol, certains cannabinoïdes synthétiques), mais :

  • Séquence : seulement 13-14 % d'homologie avec CB1 ou CB2
  • Voie de signalisation : couplé Gα12/13 et Gαq (pas Gαi comme CB1/CB2)
  • Distribution : cerveau (cortex, hippocampe, cervelet), péritoine, ostéoclastes, ileum

GPR55 n'est pas classifié comme récepteur cannabinoïde par l'IUPHAR (Union Internationale de Pharmacologie) — c'est un récepteur distinct qui peut répondre à certains cannabinoïdes mais avec une pharmacologie propre.

GPR55 et douleur : les données

Distribution dans les voies nociceptives

GPR55 est exprimé dans les ganglions de la racine dorsale (DRG) — les premiers neurones de la voie de la douleur. Son activation dans ces neurones module la transmission du signal nociceptif vers la moelle épinière.

Carey et al. (2017) et d'autres groupes ont montré que les antagonistes GPR55 réduisent la douleur inflammatoire et neuropathique dans des modèles murins — suggérant un rôle pro-nociceptif de GPR55 endogène qui, quand modulé, produit de l'analgésie.

Note : la pharmacologie GPR55 et la douleur est bidirectionnelle selon les ligands — certains agonistes produisent de l'analgésie dans certains contextes, et inversement. La relation n'est pas aussi simple que CB2 (agoniste = anti-inflammatoire).

GPR55 dans le cortex et l'hippocampe

Dans le cerveau, GPR55 module la transmission glutamatergique (récepteurs AMPA et NMDA) et la plasticité synaptique. Son activation est associée à une amélioration de la mémoire de travail dans des modèles animaux.

C'est ce mécanisme qui est pertinent dans Heures de pointe (focus mental) — pas le rôle nociceptif.

Terpènes modulateurs de GPR55

BCP (bêta-caryophyllène)

Le BCP est l'agoniste CB2 bien établi par Gertsch et al. (2008). Des études ultérieures montrent qu'il interagit aussi avec GPR55, mais la relation agoniste/antagoniste dépend du contexte cellulaire. Dans les neurones du DRG et dans les cellules inflammatoires, son action semble contribuer à la réduction de la douleur inflammatoire.

Sesquiterpènes du laurier et du romarin

Des sesquiterpènes présents dans le laurier noble (Renouveau) montrent une activité sur GPR55 in vitro — contribuant à la composante analgésique de cette formule au-delà de l'eucalyptol.

GPR55 dans les formules Myrcé : rôle selon le contexte

| Formule | Contexte GPR55 | Mécanisme attendu | |---|---|---| | Heures de pointe (poivre noir) | Cortex/hippocampe | Amélioration mémoire de travail, motivation | | Instant calme (gingembre, poivre) | DRG/moelle | Modulation nociception périphérique | | Renouveau (poivre, laurier) | Périphérie/DRG | Anti-inflammatoire et modulation douleur |


Sources : Carey et al. (2017), British Journal of Pharmacology — GPR55 et douleur. Pertwee et al. (2010), Pharmacological Reviews — récepteurs cannabinoïdes et orphelins. Tudge et al. (2014), PNAS — GPR55 et mémoire.

Pour aller plus loin : BCP et CB2 · Instant calme — formule complète · CB2 périphérique vs central